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  • : Ce Blog a pour but au travers de son contenu, d'édifier l'église de Jésus-Christ, de faire connaître à nos contemporains l'amour de Dieu manifesté en Jésus son fils bien aimé.Les messages qui seront diffusés veulent être en bénédictions à tous les milieux, en rappelant qu'aujourd'hui, Dieu veut encore faire éclater parmi ceux qui ont soif, les signes de sa Puissance, et accomplir ses Glorieuses Promesses. Aquilas
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 20:03

 


                                            Les Assemblées du désert


Pour célébrer leur culte interdit, les huguenots des Cévennes, traqués de toutes parts, se réunirent dans les grottes, les anciennes carrières, les forêts ou les lieux escarpés des montagnes, ce qu'ils appelaient le " Désert". Ils s'y rendaient par tous les temps, quel que soit leur âge, et parcouraient à pied parfois jusqu'à 15 kms de sentiers difficiles.Les moindres assemblées étaient de 4 ou 500, et il y en eut quelques-unes de 3 ou 4000 personnes. Elles duraient souvent 3 ou 4 heures et tout s'y passait dans une profonde ferveur, malgré le soleil torride ou la pluie battante, et surtout la menace terrible des dragons qui les surprenaient bien souvent. Elles étaient des " fontaines sacrées" où ils puisaient  joie et consolation de leurs épreuves. 


                                           Des milliers de Prophètes


Dans tout le pays, Dieu suscita une infinité de prophètes et de    " petits prophètes
qui étaient de jeunes enfants, voire des enfants à la mamelle, à qui Dieu faisait dire des choses admirables. Ces pâtres, ces paysans, ces cardeurs de laine sans instruction
et qui ne parlaient habituellement que le patois, se mettaient tout à coup à prêcher en bon français et exhortaient à la repentance et à la sainteté, avec l'éloquence que leur donnait le Saint-Esprit.
Ils recevaient de fréquentes visions, parlaient dans l'extase des langues étrangères et en donnaient la signification, et manifestaient enfin des dons de révélation surprenant par lesquels ils dévoilaient les pensées secrètes des coeurs....
Réfléchissez un instant, mes frères, que ce sont des protestants, comme nous qui , par
milliers autrefois, ont parlé en langues, prophétisé, reçu des visions....  parce que Dieu
leur avait accordé le baptême du Saint-Esprit!....
Ce réveil a sauvé le protestantisme d'alors. Et c'est un Réveil semblable,
et non d'autres moyens, qui sauvera encore nos églises
.
 
De nos jours, on a assez discuté, raisonné, ergoté sur le baptême du Saint-Esprit, et cette expérience a été laissée de côté. Dieu, maintenant, nous appelle à ouvrir nos coeurs pour nous donner encore, si nous le voulons, des temps de rafraîchissement spirituel. 


                                 Récit D'Isabeau Charras de Saint-Agrève 
 


Enfants- prophètes :

Le nommé Jean Héraut, de notre voisinage, et quatre ou cinq de ses enfants avec lui,
avaient
des inspirations. Les deux plus jeunes étaient  âgés l'un de sept ans, et l'autre de cinq et demi quand ils reçurent le don: je les ai vus bien des fois dans leurs extases.


Assemblée surprise par les*dragons :

Un autre de nos voisins, nommé Marliaut, avait aussi deux fils et trois filles dans le même état. L'aînée était mariée: elle alla dans une assemblée , en compagnie de ses frères et soeurs, et ayant avec elle son petit garçon âgé de sept ans. Elle y fut massacrée avec  son enfant, un de ses frères et une de ses soeurs. Celui de ses frères qui ne fut pas pas tué fut blessé, mais il en guérit. Et la plus jeune des soeurs fut laissée pour morte sous les corps massacrés, sans avoir été blessée.
L'autre soeur fut rapportée, étant encore vivante, chez son père; mais elle mourut de ses blessures quelques jours après. Je n'étais pas dans l'assemblée, mais j'ai vu le triste spectacle de ces morts et de ces blessés.

Avertis par l'Esprit :
Ce qu'il y a de plus notable, c'est que tous ces martyrs avaient été avertis par l'Esprit de ce qui devait leur arriver. Ils l'avaient dit à leur père, en prenant congé de lui, et en lui demandant sa bénédiction, le soir même qu'ils sortirent de la maison, pour se trouver dans l'assemblée qui devait se faire la nuit suivante. Quand le père vit tous ces lamentables objets, il ne succomba point à la douleur, mais au contraire, il dit seulement avec une pieuse résignation : "
Le Seigneur l'a donné, le Seigneur l'a ôté. Que le Nom du Seigneur soit béni".-C'est du frère, du gendre, des deux enfants blessés, et de toute la famille que j'ai appris que tout cela avait été prédit.


Jeune fille inspirée :

Lucrèce Claire, fille d'une extraordinaire douceur et piété, et ma très particulière amie
reçut le don d'exhortation, à l'âge de seize ou dix-sept ans. Elle faisait des discours 
admirables dans les Assemblées. Après avoir longtemps travaillé à l'oeuvre du Seigneur, elle reçut l'ordre par une inspiration, de se retirer à Genève. Dieu l'y conduisit en sûreté, au milieu des divers dangers qui l'environnaient: et elle y mourut trois ans après au grand regret de ceux qui la connaissaient. Mais elle eut une fin si belle et si heureuse que ceux qui la pleuraient ne pouvaient s'empêcher de témoigner en même temps de la joie qu'ils avaient à cause du bonheur de cette fille élue....
Isabeau Charras rapporte aussi ce fait, qui souligne la consécration de la jeune Lucrèce
Claire, à qui Dieu parla un jour en ces termes:
" Ma volonté est que tu sois neuf jours
consécutifs sans donner aucune nourriture à ton corps et tu ne parleras point si je n'ouvre ta bouche".
Je sais certainement qu'elle ne but ni ne mangea pendant les neuf fois 24 heures du jeûne qui lui fut ordonné, car je ne la quittai pendant ce temps, ni le jour ni la nuit. 


              Témoignage de Jacques Mazel, de St-Jean-Du-Gard

Le péché de se coucher sans prier :

Je sortis de France vers la fin de Décembre 1701. M'étant rencontré, trois mois avant mon départ , chez la veuve Cabrit, à Arbouffe, un jeune homme de la paroisse de Générargues, nommé Alexis, entra avec le nommé Revaulte chez la veuve Cabrit, comme j'y étais. Ces deux jeunes gens avaient reçu les grâces quelque temps auparavant. Alexis ne se fut pas plus tôt assis, qu'il tomba en extase. Je me souviens qu'il reprocha à quatre femmes de la maison qu'elles étaient allées se coucher sans prier Dieu, et qu'il insista en disant fortement: Confessez, confessez malheureuses! Et elles avuèrent que cela était vrai. Sur quoi, il exhorta beaucoup à prier sans cesse.

Péchés dévoilés

Le même soir, Alexis, Revaulte et moi, allâmes coucher chez un honnête homme de
notre connaissance, nommé Gabrit, à une petite demi lieue de là. Une heure après que nous fûmes arrivés, Alexis reçut l'inspiration. Il dit entre autres choses que bien que l'ennemi fût proche de là, il n'yavait point de danger pour nous." Je t'assure, mon enfant, lui dit l'Esprit,
vous n'avez rien à craindre. Je ne permettrai pas qu'aucun détachement passe ici".
Ensuite, il reprocha fortement aux personnes de la maison les défauts qui leur étaient le plus familiers, et il leur fit de si fortes exhortations à quitter leurs péchés que tous fondirent en larmes. Il déclara qu'avant trois semaines quantité de fidèles seraient faits prisonniers dans le voisinage, et je fus témoins que la chose arriva....

Réconciliation

Les plus jeunes personnes que j'aie vues dans l'extase étaient les deux plus petits enfants de Jean Croffe, dont l'un avait autour de sept ans, et l'autre environ neuf. Pierre Mazel, fils de mon frère, âgé de neuf ans, étant dans l'extase et parlant avec autorité, ordonna que Jean Mazel son père se réconciliât avec Jean Croffe dont je viens de parler, voulant que l'on fit venir le dit Croffe sur-le-champ, ce qui fut exécuté. Ils obéirent et s'embrassèrent, avec des promesses réciproques de vivre désormais en charité chrétienne.
Ces enfants et les autres inspirés que j'ai connus parlaient toujours en français dans
l'inspiration. 
Il est très notable que partout où cet Esprit de Dieu était répandu, les personnes qui le recevaient et ceux qui fréquentaient ces personnes-là, devenaient comme soudainement gens de bien- Ceux mêmes dont la vie avait été, auparavant, déréglée.


    Recueillons encore le témoignage de Mathieu Boissier de Loriol,
                                       
en  Dauphiné

"J'ai vu plusieurs fois, à Genève, une fille du Languedoc qui avait des inspirations.
Elle dit dans ses extases diverses choses qui me concernaient, et dont il était absolument impossible qu'elle pût être informée naturellement. Elle avait une communication  admirable avec l'Esprit divin. J'ai été témoin en diverses occasions que quand elle demandait à Dieu, par une ardente prière, qu'il lui plût de lui manifester sa volonté ( si toutefois il le jugeait à propos pour sa gloire), presque aussitôt l'Ange céleste l'agitait et lui faisait prononcer ce qui était ordonné par l'Esprit . Les voyants étaient ainsi consultés; et eux ils consultaient ainsi Dieu. Un jour, cette jeune fille dit beaucoup de choses terribles contre ces moqueurs, réellement insensés, qui se rient des secrètes merveilles de l'incompréhensible, seulement parce qu'ils ne sauraient les comprendre." 


                                   Voici, enfin, ce qu'a vu Durand Fage d'Aubays 

Une lumière venant du ciel :

Une fille de Galargues, nommée Marguerite Bolle, ma parente, en la compagnie de qui j'allais à une assemblée avec 12 ou 15 autres personnes, tomba en extase, dans le grand chemin, pendant la nuit, comme nous étions fort en peine pour trouver le lieu de l'assemblée.
L'Esprit lui dit: "Je te dis, mon enfant, que je ferai tomber une lumière qui vous indiquera le lieu que vous cherchez." Elle ajouta que nous pouvions marcher sans crainte. Alors nous vîmes une lumière tombant du ciel, comme  une fusée, et comme nous connaissions la carte du pays, nous jugeâmes avec certitude du lieu de l'Assemblée, qui était à un bon quart de lieue de là. Quelques minutes après, nous entendîmes la voix agréable d'une sentinelle de nos gens, qui se fit connaître par son langage. ( Je dirai , si l'on veut en passant, que nous demandions:" Qui vive, de la part de Dieu?" et on répondait:" Enfants de Dieu"). A cinq cents pas plus loin, la mélodie des psaumes nous attira. Nous volions, quand nous entendions le chant de ces divins cantiques. Nous sentions au dedans de nous une ardeur qui nous animait, un désir qui nous transportait : cela ne peut  s'expliquer. Quelque grande que fût quelquefois notre lassitude, nous n'y pensions plus dès le moment que le chant des psaumes frappait nos oreilles. Nous devenions légers, c'est une de ces choses merveilleuses qu'il faut avoir éprouvées pour les connaître. 

 


 * Le terme dragon désigne des militaires se déplaçant à cheval mais combattant à pied. Les premiers exemples de telles unités remontent à l'Antiquité avec les dimaques d'Alexandre le Grand ou les Alamans.
La
France crée de nombreux régiments de dragons. Les dragons étaient à la fois un corps d'infanterie et de cavalerie. En 1678, Michel Le Tellier, marquis de Louvois, ministre de la Guerre, porte à quatorze le nombre des régiments de dragons avec un effectif de plus de dix mille hommes. Ces derniers, sous Louis XIV, sont envoyés dans les Cévennes et en Normandie afin de contraindre les protestants à se convertir « pacifiquement » (les dragons étaient logés chez l'habitant), d'où le nom de dragonnades.


 

   

 

 

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 16:52

 

 

"Dans  les bois , dans les grottes c'est une pauvre troupe qui erre, se cache, paysans, laboureurs, bergers, vieillards, femmes et enfants de nos Cévennes........
La religion revenait à ses origines du 1er siècle et, avec Saint-Paul, pouvait dire:
"Dieu a choisi les choses qu'on méprise et celles qui ne sont point pour confondre celles qui sont".Mais la prodigieuse apparition des prophètes cévenols a seule été capable de ranimer  l'énergie défaillante des protestants d'alors".
(E.Doumergue).

Et que dire de" l'énergie défaillante" des Eglises  d'aujourd'hui ? de la mondanité des uns, du rationalisme des autres?, de l'indifférence du plus grand nombre, des temples qui se vident?.....
Il est grand temps de demander à Dieu, dans la foi et la repentance, un puissant baptême d'Esprit et de feu qui ramènera l'amour et le zèle dans nos lieux de culte cévenols, et ailleurs, comme aussi la puissance des manifestations  surnaturelles de l'Esprit, qui soutenaient nos camisards.


Voici de remarquables témoignages:



Jacques Bresson, de Brignon, entre Nimes et Alès.

" J'ai vu dans les cévennes  un grand nombre de personnes qui recevaient des inspirations. Je suis persuadé que j'en ai vu autour de quatre à cinq cents, soit dans les diverses assemblées, soit ailleurs.
Comme il y avait quantité de ces inspirés dans mon voisinage, et de ma connaissance  particulière, j'ai eu souvent l'occasion de me rencontrer avec eux quand ils tombaient dans leurs extases. Ils parlaient toujours français dans le temps de l'extase. Il y avait beaucoup d'enfants de 7 à 8 ans. Mais je ferai une mention particulière d'un enfant de 3 ans, que  j'ai vu quatre à cinq fois dans les agitations, pendant l'inspiration. Il parlait distinctement assez haut, en bon français et faisait des exhortations fort touchantes.(Le lecteur tiendra compte du fait que, seul le patois était le langage courant d'alors, chez les paysans des cévennes.)
J'ai  été plusieurs fois témoin que ceux qui avaient reçu les grâces s'occupaient beaucoup, entre autres bonnes choses, à faire réconcilier ceux qui vivaient mal ensemble:
C'était un de leurs premiers soins. Et tout le monde voyait que ce qu'ils faisaient et disaient
tendait toujours au bien et en produisait".


Abraham Mazel nous parle de son arrestation et de son évasion de la tour de Constance:

" Je fus pris par les Miquelets et conduit à la citadelle
de Montpellier, j'avouai naïvement
tout quand on m'interrogea. Mes juges se moquèrent de moi; Ils me disaient que j'avais fait des merveilles et que je n'avais qu'à me préparer aux plus rudes supplices.
Mais je ne les craignais pas du tout, ayant été averti plus d'une fois par L'Esprit que
j'échapperais de leurs mains. Cependant, Dieu fit agir d'un côté le Lieutenant-général Lalande. D'un autre côté, il mit au coeur d'un prêtre, à qui j'avais sauvé la vie, de solliciter fortement ma grâce. Par les entremises de ces deux organes de la Providence, je fus seulement condamné à une prison perpétuelle dans la fameuse Tour De Constance.
Quelques jours après qu'ont m'eût mis dans ce lieu fatal, L'Esprit me dit par inspiration
que j'en sortirais, et sur quelques doutes de mon infirmité, Il redoubla ses saintes promesses.
A quelques jours de là Dieu me mit à coeur de percer la muraille. Les murs ont 6 mètres
d'épaisseurs, nous étions au second étage à cent pieds de hauteur du terrain, je n'avais pas
d'outils, il y avait 33 autres prisonniers avec moi dans la même chambre; il falllait ou gagner tous ces gens-là, et les trouver fidèles, ou être accusé par quelqu'un d'entre eux, et il fallait des cordes pour descendre.
En bas, il y avait de hautes murailles à escalader, des sentinelles à éviter, de grands marais
pleins d'eau à traverser, et après tout cela ne savoir où prendre du pain, ni où se retirer.
Mais avec l'assistance de Dieu, je surmontai tous ces obstacles, après 7 ou 8 mois de travail.
Seize de mes compagnons me suivirent, les dix-sept autres manquèrent de courage. Le duc de Berwick ayant appris mon aventure, eut ses raisons pour faire publier que tous mes péchés me seraient pardonnés si je voulais sortir du royaume. Et sur ces entrefaites, comme il me fut rapporté que le frère Elie Marion était à Montpellier, prêt à partir pour Genève, après avoir traité une seconde fois, j'acceptai l'amnistie et nous vînmes sous bonne escorte, avec plusieurs autre frères, à Genève, en Suisse. Et me voici, grâce à Dieu, en paix, toujours bénignement visité par les inspirations de son bon Esprit, et vivant en ferme espérance fondée sur la vérité de ses promesses, qui sont infaillibles".

Elie Marion, nous a encore laissé cet autre témoignage:

"Au commencement de 1703, le  Maréchal de Montrevel monta dans nos Hautes-Cévennes
 pour brûler et saccager tout. Alors, comme nous étions dans une Assemblée,  le frère La Veille, qui avait un grand don de prédication, fut saisi  pat l'Esprit et dit, sous l'opération, que notre ennemi n'exécuterait pas ce qu'il avait entrepris, mais qu'il serait obligé, dans 3 jours, de descendre plus vite qu'il n'était monté. En effet, le dimanche suivant, dès le matin et précisément 3 jours après l'avertissement donné au frère La Veille, plusieurs exprès furent dépéchés au Maréchal pour lui faire savoir qu'il y avait des vaisseaux anglais proches de la côte, afin qu'il se hâtât de revenir avec ses troupes. Nos soldats interceptèrent une de ces lettres que j'ai lue".

Un traitre démasqué
( Récit de Marion).

"Comme j'étais dans le village de Ferrières proche de Barre, vers le Mois de Mai 1703, je fus soudainement saisi de l'Esprit qui me fit dire:" Je t'assure mon enfant, qu'il y a un homme qui est allé tout présentement chez un de tes ennemis, avec qui il parle pour te livrer.
Le lieu de la demeure de cet homme est de ton côté gauche, et il sera demain des premiers à l'Assemblée. Je te le ferai connaître".
Sur le champ, l' Esprit me fit voir cet homme, se promenant avec le sieur Campredon, subdélégué de l' intendant à Barre, comme si j'avais été dans la même chambre avec eux. Je les voyais et j'entendais tout ce qu'ils disaient, distinctement et facilement, comme on le peut juger, puisque nous étions tous trois ensemble dans le
même lieu. Je voyais même la femme de M.Campredon qui allait et venait, se mêlant quelquefois dans la conversation. Campredon s'informa de moi au paysan, et  du frère La Valette,  qui était notre ministre et principal prédicateur, lui disant que si on nous pouvait saisir tous deux, ce serait un des meilleurs moyens de rétablir la tranquillité dans le pays. Le subdélégué disait aussi au paysan:
Tu te feras des amis,  M. l'intendant te récompensera et M. le maréchal de Montrevel aussi, tu peux compter sur cela; et en mon particulier, je te donnerai dix écus comptant et je te ferai gagner ton procès. Le paysan, consentant à tout cela, ajouta qu'il irait le lendemain à  l'assemblée et qu'à l'issue de ladite assemblée il nous suivrait, le frère La Valette et moi, pour s'assurer du lieu de notre retraite; et qu'il en avertirait ledit Campredon afin qu'il nous fit saisir.
Après l'opération de l'Esprit, je racontai au frère La Valette  ce que j'avais vu et qui me frappa si fort que j'en ai présentement l'idée comme le jour même; je lui dépeignis l'homme, ses habits, sa taille son âge et son visage, et il conjectura juste, comme on le verra tout à l'heure.
Le lendemain, l'assemblée se fit (ce fut à Aubaret, à une lieue de Barre), et comme on chantait un psaume, l'Esprit me saisit soudainement et me fit prononcer à haute voix que celui qui nous avait vendus était entré dans l'assemblée. Il me fit répéter tout haut aussi, en présence du traître,l'entretien qu'il avait eu le jour précédent avec M. le subdélégué. Et, après que je fus revenu dans mon état naturel, mes yeux se portèrent sur le faux-frère. Je le connu par l'idée que j'en avais reçue dans la vision, et il était devenu si pâle, dans le temps que l'Esprit me faisait raconter son histoire, que toute l'assemblée l'avait soupçonné.
Comme il ne m'avait pas été ordonné de le faire arrêter, je me proposai seulement de lui reprocher son crime et de lui faire quelques exhortations, après que l'assemblée se serait séparée.

Enfant Prophète ( Autre récit de Marion).

M.S. du voisinage de Florac m'a dit qu'il avait une fois rencontré dans un coin d'étable une petite fille d'un de ses voisins, de 7 à 8 ans, qui priait Dieu en pleurant. Il lui demanda ce qu'elle avait:
Elle répondit qu'elle ne savait où aller, parce que son père la battait quand elle avait des inspirations, mais qu'elle voulait pourtant toujours prier Dieu. M.S. fort ému de cela, dit à la petite fille qu'elle n'avait qu'à venir dans sa maison quand elle sentirait les premières émotions.
Elle le fit, et M.S. fut tellement touché des inspirations qu'elle reçut chez lui, et en général
de l'état de cette petite fille, qu'il fut convaincu, lui et toute sa famille.

Le chef Cavalier reçoit l'ordre de purifier sa troupe.

Il reçut l'ordre, par ses propres inspirations et par celles de plusieurs autres, d'administrer la Sainte-Cène. Alors le frère Cavalier, se tenant debout au milieu de la troupe, ceux de la troupe s'approchaient de lui par douzaines environ, et se jetaient à genoux devant Dieu, pour recevoir la déclaration qui leur serait faite par son serviteur. Il les regardait attentivement, et l'Esprit lui donnait à connaître ceux qui n'étaient pas préparés encore. Ils les faisaient mettre à part, en leur témoignant qu'ils seraient reçus une autre fois, lorsqu'ils seraient en état. Et ceux qui étaient admis, il leur adressait une exhortation convenable.Tant ceux qui étaient reçus, que ceux qui étaient renvoyés à un autre temps, s'allaient mettre encore en prière.
La Sainte-Cène se donnait et se recevait avec un zèle si grand, que je ne pourrais l'exprimer: On voyait une humiliation profonde et des visages mouillés de larmes de repentance et de joie tout ensemble.Dieu était là et son Esprit y était répandu. Ceux qui n'ont pas été témoins d'un pareil spectacle et qui sont prévenus par des idées qui ne sont pas justes, ne sont pas capables de juger d'une chose si sainte et si admirable.

Enfin, pour terminer, nous citerons la conversion remarquable du chef camisard Durand Fage, d'Aubais, près de Sommières. "Au commencement de Février, j'eus l'occasion d'aller à Grand-Gallargues; et une fille de 23 ans, Marguerite Bolle, ma parente, étant tombée en extase dans la maison où j'étais, dit entre autres choses, en ma présence, que l'épée que je portais alors contre les camisards servirait contre les ennemis de la Vérité. On souhaita que je fisse quelques lectures de piété et comme je prononçais ces paroles:"augmente-nous la foi", je sentis tout d'un coup un fardeau sur ma poitrine, qui m'arrêta pour un moment la respiration. En même temps des ruisseaux de larmes coulèrent de mes yeux et il me fut impossible de parler davantage. Je demeurai pendant une heure et demi en cet état; la jeune fille ayant reçu une nouvelle inspiration, dit que je pleurais pour mes péchés, ce qui était vrai. Ma langue et mes lèvres furent subitement forcées de prononcer avec véhémence, des paroles que je fus tout étonné d'entendre. Les choses que je dis furent principalement des exhortations à la repentance. Pendant les quinze jours qui suivirent, mon esprit s'élevait perpétuellement à Dieu.
Les divertissements ordinaires de la jeunesse me parurent non seulement méprisables, mais ils me devinrent insupportables.
L'idée de mes péchés occupait incessamment mon esprit, et c'est ce qui me causait tant de sanglots et de tressaillements.

Je reçus trois semaines après, dans une seconde inspiration, des consolations infiniment
douces, qui donnèrent à mon esprit une tranquillité et un contentement secret qui, jusque-là, m'avait été inconnu. Quand mon père et ma mère apprirent que Dieu avait daigné me visiter de ses grâces, ils en eurent une grande joie....".

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