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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 16:33

                          Le Psaume des batailles

                                                       ( Psaume 68 )

  Résultat de recherche d'images pour "le psaume 68"

Il y aurait bien d'autres Psaumes à citer, car nos pères les ont tous chantés, et il s'est toujours trouvé une circonstance pour laquelle le Psaume semblait être fait.

Mais nous ne voulons plus parler que du Psaume des batailles, le 68ème.

Le reproche que certains font aux camisards, c'est d'avoir pris les armes. Mais écoutons l'un de leur chefs Jean Cavalier : " Nous n'avions pas pris les armes pour attaquer, mais pour nous défendre!..... La cruelle persécution nous y avait forcés..."

L'intendant du Languedoc reconnaîtra lui-même qu'ils n'avaient pas tirés les premiers. Ils voulaient libérer leurs prisonniers, défendre leurs femmes et leurs enfants, survivre à l'extermination, adorer Dieu librement- ce qui était leur crime. 

N'oublions pas que leur résistance au despotisme, en faisant face aux assauts de tous genres qu'on leur livrait tous les jours, permit au feu sacré de la VERITE de ne pas s'éteindre. Cette période servit de transition et permis la survie du christianisme authentique. Pour mémoire, nous rappellerons qu'avant cette époque de résistance, ils avaient supporté, au 16ème siècle, quarante année d'une persécution abominable, et au 18ème siècle, vingt années d'une persécution non moins abominable, plus abominable encore. 

Nous ne pouvons pas, du reste, nous permettre de juger ces pauvres infortunés qui essayèrent de parer les coups des bourreaux qui torturaient ou massacraient leur vieux pères , et leurs mères, et leurs femmes , et leurs chers enfants sous leurs yeux...... Epoque sans entrailles dont l'horreur trop souvent nous échappe.

Ces soldats avaient une étrange façon de combattre, au moins d'après les habitudes modernes. Quand l'ennemi s'approchait, ils mettaient genoux en terre, essuyaient immobiles le premier feu; puis, ils se levaient, entonnant le Psaume des batailles et s'élançaient à l'ennemi. 

C'est en chantant leurs Psaumes que les camisards, conduit par Abraham Mazel, entrèrent, le 22 juillet 1702 à 10h. du soir, dans le Pont- de- Montvert, pour aller délivrer quelques frères et quelques soeurs torturés dans les caves du hideux Abbé du Chayla. La résistance armée de l'abbé provoqua le premier combat, qui inaugura toute la guerre. Le chant des Psaumes avait tout précédé.

Ainsi, les insurgés, dont la petite troupe avait grossi, et qui ne pouvaient plus rentrer chez eux, s'organisèrent en groupes et vécurent désormais dans les bois, inaugurant de la sorte la vie de "maquis".

Voici le témoignage d'un officier de l'armée royale, sur  la terreur que suscitait le chant du Psaume des batailles : " Quand ces diables-là se mettaient à chanter leur.... (ici un juron) de chanson  : " Que Dieu se montre seulement", nous ne pouvions plus être maîtres de nos gens; ils fuyaient comme si tous les diables avaient été à leurs trousses.

Une pensée solennelle qui me servira de conclusion, s'impose, en ce moment, à mon esprit.

Grâce à Dieu ; ce n'est plus sur des champs de bataille que les chrétiens sont aujourd'hui appelés à chanter ce grand Psaume. Du reste, les batailles par les armes ne sont pas les seules, ni même les plus dangereuses, pour l'Eglise de Dieu. Que d'ennemis divers, et puissants, et terribles, menacent les chrétiens d'aujourd'hui, et tout spécialement ici dans les cévennes !

Or, à quoi servirait-il que les pères aient repoussé les dragons du grand roi, si les fils se laissaient vaincre par la tiédeur, ou les tentations du siècle.

A quoi servirait-il que les pères aient eu, héroïquement, horreur des superstitions, si les fils se plaisent lâchement à l'incrédulité ? A quoi servirait-il que les pères aient voulu mourir en martyrs, si les fils ne veulent pas vivre en chrétiens ? 

Ce que la violence n'a pu faire, la liberté le fera-t-elle ?

Ah ! mes frères, l'heure est venue ou jamais, l'heure providentielle, pour faire notre examen de conscience ; c'est l'heure favorable pour que tous ces chants résonnent non seulement à nos oreilles mais au plus profond de nos coeurs ; c'est l'heure de nous humilier, et de reconnaître nos reniements et nos apostasies ; c'est l'heure de nous rendre en foule à nos saintes Assemblées, devenues désertes ; c'est l'heure d'entendre ces appels que nos Psaumes nous font entendre, que notre sainte héroïne de la tour de Constance a gravé pour l'éternelle instruction de ses enfants : Résistez ! Résistez ! 

Fléchissons les genoux. Prions, et comme nos pères, nous relevant- La foi ne dit pas : pour vaincre ou pour mourir, la foi dit : Pour vaincrepoussons le vieux cri de victoire, ( dont voici les termes exacts ) : 

Que Dieu se montre seulement !

Et l'on verra soudainement

Abandonner la place

Le camps des ennemis épars,

Et ses haineux de toutes parts

Fuir devant sa face.

Dieu les fera tous s'enfuir

Ainsi qu'ont voit s'évanouir

Un amas de fumée.

Comme la cire auprès du feu,

Ainsi des méchants devant Dieu,

La force est consumée.

Source : Doyen E. Doumergue  

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:00






                                                                Le Psaume des martyrs
                     
    ( Vie de FULCRAN REY)
                                        
  Partie 4/4

 
Persecution


                                  L'heureuse journée

Il demanda à ses juges une grâce : " de ne point laisser entrer mon père ni aucun de mes parents dans les prisons de Nimes ". Cela pour ne point exciter les tendresses de la nature, et pour n'en être pas lui-même attendri.
On le fit sortir de la prison pour aller au lieu du dernier supplice. Des prêtres voulaient l'accompagner  : " J'ai une compagnie d'anges qui sont autour de ma personne, leur dit-il, et ces anges m'ont assuré qu'ils seront avec moi jusqu'à mon dernier soupir ".
Il marcha dans les rues d'un pas égal et avec un visage si content et si assuré qu'il semblait qu'il allât à quelque festin. Au passage, il reconnut quelques frères et les salua en disant : " Pourquoi pleurez-vous sur moi ?
Pleurez pour vous seulement..... Relevez-vous et vous repentez, et Dieu aura pitié de vous ".
Le voilà au pied de l'échelle fatale : " Courage ! Courage ! dit-il en la voyant.
C'est ici le lieu que je m'étais proposé il y a longtemps, et pour lequel Dieu lui-même m'a préparé. Que ce lieu me paraît agréable. J'y vois les cieux ouverts pour me recevoir, et les saints anges qui me tiennent compagnie, tous prêts à m'y enlever ".
Il commença à chanter un psaume. Mais l'officier, voyant l'impression que ses paroles produisaient sur les auditeurs, lui interdit de chanter, sinon à voix basse, et, du reste, le roulement des tambours ( usage inauguré, dit-on, ce jour là) étouffa complètement sa voix. Il s'approcha avec ardeur de l'échelle, et s'écria : " Oh ! que cette échelle m'est favorable ! puisqu'elle doit me servir de degré pour achever ma course et pour monter au ciel ". Il fit sa prière au pied de cette échelle, il en monta les échelons si gaîment et si ardemment, qu'il paraissait qu'il lui tardait d'avoir atteint le dernier.....

 "LA VOICI, L'HEUREUSE JOURNEE QUI REPOND A NOTRE DESIR.
                  LOUONS DIEU QUI NOUS L'A DONNEE;
                     FAISONS-EN TOUT NOTRE PLAISIR ".

              Ainsi chantaient en mourant  les héros de la foi !

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 09:00





                                                             Le Psaume des martyrs
                       
  ( Vie de FULCRAN REY)
                                         
Partie 3/4
 


Persecution



                                             Ses interrogatoires et ses tortures 

Il fut chargé de chaînes et toujours gardé à vue, privé de voir qui que ce soit de ceux qui prenaient part à ces maux. Il connut plusieurs prisons et subit plusieurs interrogatoires.
Finalement, l'intendant lui-même vint faire auprès de lui ses derniers efforts.
Tantôt REY lui disait : " Monseigneur, je n'aime point le monde ni les choses qui sont du monde, je répudie tous les avantages dont vous me parlez, je foule tout cela à mes pieds". Tantôt il lui répondait:  
" La vie ne m'est point chère, pourvu que je gagne Christ. Ne m'exhortez point à laisser le Maître que je sers, c'est un si bon Maître, il ne m'a jamais fait que du bien depuis que je suis à son service; le quitterais-je ? Je n'ai garde de le faire; ne me sollicitez plus à l'abandonner : quelque mort qui me faille souffrir pour lui, je ne l'abandonnerai jamais ".
L'intendant lui ayant dit : " Monsieur REY, il y a encore du temps pour vous sauver ". -" Oui, répondit-il, et c'est ce temps que je veux encore employer à mon Salut ". L'intendant ayant repris la parole pour lui dire :
"Monsieur REY, il faut changer, et vous aurez la vie ", il déclara: " Il faut changer, mais c'est pour aller de cette terre de misère au Royaume des Cieux, où une heureuse vie m'attend, que j'aurai et que je possèderai bientôt ". L'intendant lui reprocha d'avoir prêché contre la volonté du Roi, ce à quoi il répondit : " Le Roi des rois me l'avait ordonné, et il est juste d'obéir
plutôt à Dieu qu'aux hommes ".
 Il répondit à toutes les questions qui lui furent faites avec beaucoup de respect, de douceur et de modération, en donnant toujours des marques d'une entière résignation à la volonté de Dieu.
Il fut condamné à être pendu. Or, il s'attendait à être roué vif. " On me traite, dit-il, plus doucement qu'on n'a traité mon Seigneur, en me donnant une mort si douce ; je m'étais préparé à avoir les membres rompus ou à être brûlé.
Je te rends grâce de m'avoir trouvé digne de souffrir pour toi une mort si douce, après avoir préparé mon âme à souffrir la plus cruelle mort, pour l'amour de toi " .
Il signa ses interrogatoires : " REY qui n'a fait que prier Dieu ".

torture.jpg
Pour lui arracher des aveux, il fut mis à la question. La torture fut si violente qu'on crut qu'il ne pourrait se servir de ses jambes pour aller au supplice.
" Vous venez de m'infliger une peine que je n'ai guère sentie, dit-il à ses juges. Je crois que vous avez plus souffert que moi. Je puis vous protester que dans le plus fort de la peine que vous avez voulu que j'endurasse, je n'ai point senti de douleur ". La grâce triomphait si fort en lui de la nature, qu'il semblait que la nature fût dépouillée de ses propres sentiments, pour n'avoir que ceux de la grâce.   



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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 09:00





                                                              Le Psaume des martyrs
                         
( Vie de FULCRAN REY)
                                       
  Partie 2/4

Persecution
                               Ses adieux à son père

Bientôt dénoncé, Fulcran Rey, fut obligé de s'enfuir. Il passe à Cournonterral. Emporté par son zèle, il voulait prêcher sur la place publique ! Ses amis l'en empêchèrent. L'intendant Bâville le poursuivait, et lança contre lui un mandat d'arrestation. REY rentra à Nimes et se tint enfermé et caché dans la maison de son père, où il écrivit des lettres qu'il faisait parvenir aux églises. Mais bientôt il se décida à aller prêcher dans les Cévennes. Pour éviter des adieux trop douloureux, il quitta secrètement la maison paternelle, laissant seulement une lettre, qu'il faudrait citer en entier :
" Mon très cher et honoré père, lorsqu' Abraham voulut monter sur la montagne de Morija, pour aller offrir son fils, il ne consulta point la chair, mais il s'approcha hardiment de cette montagne, où il s'écria : En la montagne de l'Eternel, il y sera pourvu. En effet, il y fut pourvu, puisque Dieu se contenta de son obéissance. " Dieu ne m'a point parlé bouche à bouche, comme il parla à ce patriarche. Mais ma conscience m'inspire d'aller me sacrifier pour lui, et pour l'intérêt de son Église. Je ne sais si Dieu se contentera du désir que j'ai de faire sa volonté, sans m'exposer à la mort. Mais quoiqu'il en soit, que sa volonté soit faite ! Si je suis pris, ne murmurez pas contre lui. Souffrez patiemment tout ce qu'il lui plaira de m'envoyer pour l'intérêt de mon Dieu et l'avancement de son Église. " Oh ! quel bonheur me serait-ce, si je pouvais être du nombre de ceux que le Seigneur a réservés, pour annoncer ses louanges et pour mourir pour sa cause ! ".Le ministère de FULCRAN REY, dans les Cévennes, dura neuf mois. Pendant ce temps, les dragons poursuivent le prédicant. Un jour, ils l'atteignent. REY fait sa prière. Les dragons hésitent. Il y a des coups de feu. Les dragons chargent avec fureur. REY s'échappe. A bout de force, il est obligé d'aller se reposer un moment, tout près d'Anduze, au bout du pont. C'est là que, dénoncé par un traître, il est surpris, et arrêté, le soir du 18 juin 1686, par les dragons rouges, au moment où il s'enfuyait par le toit.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 09:00





                                                  Le Psaume des martyrs
                       
( Vie de FULCRAN REY)
                                       Partie 1/4

Persecution.jpg


C'était le Psaume 118, qui a mérité, tout spécialement, le nom de Psaume des martyrs, et que tant de "confesseurs de la foi" ont chanté sur l'échafaud; Le Psaume que chanta encore le dernier des pasteurs martyrs, François Roques, à Toulouse, quelques jours avant l'exécution de Calas, en 1762 :" LA VOICI L'HEUREUSE JOURNEE" !!

C'est en ces temps 
de cruelles persécutions que, pour secourir les églises désolées, quelques hommes de coeur se dévouèrent, et, sans être prédicateurs, en remplirent cependant les fonctions. Parmi eux et au premier rang, se plaça le noble jeune homme dont on connaîtra l'héroïsme en lisant l'histoire de sa vie et de son martyre. Cette relation, due à un témoin oculaire et publiée l'année même de la mort de FULCRAN REY, offre une image saisissante des douleurs et des infortunes des vrais croyants de cette époque-là. 


                                   Un songe inspiré

FULCRAN REY
était un *"proposant", né à Nimes à la fin de 1684, âgé de 24 ans. Il sut très tôt quel serait son sort, car sa mère fit un songe qui lui révéla quelle serait la vie et la mort de son fils.
Elle vit, en songeant, un aigle qui vola près d'elle et qui s'arrêta au pied de son lit, portant deux plumes en son bec, et elle n'eut pas plutôt vu cet objet qu'elle entendit
une voix qui lui dit :
" Regarde, une de ces plumes que cet aigle porte à son bec signifie que l'enfant qui naîtra de toi annoncera l'Evangile et l'autre plume est pour te signifier que cet enfant scellera de son sang l'Evangile qu'il annoncera " .


                                     
Un ministère clandestin

Partout, il trouva les **dragons à l'oeuvre, et se mit à aller de lieu en lieu, se cachant le jour; et la nuit, essayant de visiter quelques fidèles : "Athlètes de Jésus-Christ, leur disait-il, vous qui vous êtes relachés dans le combat et qui revenez  combattre et vous, fidèles compagnons qui jusqu'ici n'avez point lâché le pied dans le combat, essuyez, essuyez toutes les attaques de Satan et de ses émissaires.... Tenez ferme contre tous ceux qui voudraient vous ravir votre couronne, car ils sont obstinés dans le furieux dessein de vous la ravir ; Ayez plus de constance pour leur résister qu'ils n'ont de force et de furie pour vous tourmenter.- " Son exhortation " longue, mais tendre et fidèle
  " disait " d'être fidèle et de souffrir, même jusqu'au sang, si Dieu les appelait ".




 
* Dans les Églises de la Réforme, candidat au ministère pastoral qui, après les études de théologie, accomplit le stage préparatoire au pastorat.


** À l'origine (XVIe s.), soldat se déplaçant à cheval et combattant à pied, puis soit à pied, soit à cheval.

 Dragonnades :Nom donné aux persécutions exercées sous le règne de Louis XIV contre les protestants. On logeait chez les villageois des dragons (surnommés les "missionnaires bottés"), qui étaient encouragés à se livrer à toutes sortes d'excès pour amener leurs hôtes forcés à se convertir au catholicisme. Étendues par Louvois du Poitou à tout le Midi huguenot, les dragonnades les plus notables eurent lieu en 1681, 1684 et 1685 et continueront jusqu'en 1698.

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 07:00





       Aigues-Mortes




Élevée à l’emplacement de l’ancienne tour Matafère par Saint Louis, la Tour de Constance est construite en 1242 pour protéger le port et la cité. Elle est l’unique élément défensif d’Aigues-Mortes. Un pont dormant relie le châtelet à la tour qui est ceinte à l’origine d’un fossé annulaire. En 1249, on parle de la Tour du Roi. En 1254 au retour de la septième croisade, elle est terminée. 








1717
 
  La Tour de Constance est affectée à la détention des femmes Protestantes. Les premières sont arrêtées dans une assemblée à Molières, prés d’Anduze.
 

                                                                               




On enferma là les femmes, dont la plupart, s'étaient rendues  coupables  d'avoir assisté aux "Assemblées du Désert". On les gardait comme des"otages"pour effrayer les autres, dans cette prison malsaine, obscure et glacée, entre des murs de six mètres d'épaisseur.  On lit encore sur la pierre la devise qu'elles avaient gravée:

                          "RESISTER".



Marie DURAND est la plus connue de ces prisonnières. C'était la soeur du pasteurPierre DURANDqui mourut martyr.
Entrée à Aigues-Mortes à 15 ans 1/2, en 1730, elle resta trente-huit ans dans la tour. Deux autres femmes y vécurent quarante et quarante et un ans.                                                                                                     
                                                                                                                                                                             

                                                                                                 
                                                                                   
                                                                                                           
Son vieux père, emprisonné, lui aussi pour sa foi, au fort de Brescou, lui écrivit la belle lettre que voici :                                                       


    

                                                                                                Fort deBrescou (Cap d'Agde)     
                                                                                                        

" Ma fille, l'auteur de la nature a permis que depuis toujours j'ai été dans des épreuves, dans des souffrances et des persécutions de toutes parts et je vois qu'elles augmentent de degré en degré, mais remerciant Dieu, je me suis toujours consolé et mets ma confiance en Lui, malgré tous mes malheurs jamais rien ne m'a manqué pour mon entretien et celui de ma famille. Ainsi, mon enfant, je vous écris quelques mots pour vous prier de ne vous chagriner en rien mais que vous vous réjouissiez, au contraire, dans le Seigneur par des prières, des psaumes et des cantiques à toute heure et à tous moments et par ce moyen le Seigneur vous donnera la force et le courage de supporter toutes les afflictions qui peuvent vous arriver et dire comme David: " Tant plus le mal il me vient tant plus de Dieu je me souviens ". Il ne faut pas vous attrister de votre état car vous voyez que votre frère a tout quitté pour travailler à l'oeuvre du Seigneur et qu'il ne peut point paraître en public et pourtant, je crois qu'il ne perd point courage, faites-en de même..."



Isabeau MENET était aussi l'une de ces figures très fortes.
Elle se maria avec Pierre FIALES et en 1735, le jeune couple assistait à une de ces
assemblées proscrites.... Isabeau, qui vient de mettre au monde son premier enfant, sera arrêtée avec son mari et l'enfant. Ils sont conduits à Pont-Saint-Esprit ; là c'est la séparation ; le mari est condamné aux galères où il mourra  et Isabeau à la Tour . A la Tour de Constance , elle rentre en 1737 et elle est aussitôt liée d'amitié avec Marie DURAND. L'enfant va grandir dans le donjon ; il grandira avec une fille qui y restera jusqu'à seize ans. Le garçon et la fille ont grandi et joué dans ce donjon.
Les prisonnières étaient réduites au pain et à la paille. Dès 1730 la misère était grande à la Tour. Les familles leur venaient parfois en aide et Isabeau montre que sa famille ne la laissait pas de côté. Son fils né en 1737, étant trop âgé pour qu'elle puisse désormais le garder auprès d'elle, Isabeau aura la dure épreuve de s'en séparer pour le confier à sa soeur. De plus, elle aura la douleur d'apprendre la triste nouvelle que son mari est mort à la chaîne. L'intendant des galères écrira à la famille et renverra la montre du galérien 
" pour que son fils la porte en pensant que son père est mort sur les galères en rendant honneur au nom qu'il portait" .

La malheureuse femme deviendra folle dans la Tour et sera rendue à sa famille en 1749, après onze ans d'une si terrible réclusion
.

Voici quelques extraits de lettres qu'Isabeau MENET écrivit à sa soeur réfugiée à Genève:
"... Je m'estime bienheureuse que le Seigneur m'ait appelée à souffrir opprobre pour son nom ,
puisque telle est sa volonté. Dieu me fasse la grâce d'aller jusqu'au bout de la  lice car je sais que Jésus-Christ  nous y attend les bras ouverts.

" Qu'importe que nous soyons les haïs du monde, pourvu que nous soyons de son bon grain, son froment, car Il est notre origine et nous sommes le souffle de sa bouche. Allons à Lui puisqu'il nous a promis qu'il nous aiderait en ce temps opportun. Soyons lui fidèles jusqu'à la mort, afin que nous puissions acquérir cette couronne d'immortalité bienheureuse.....

".... Toutes les menaces du monde ne seront pas capables de me faire abandonner le dépôt de la foi. J'espère que notre bon Père de miséricorde ne me déniera pas le secours nécessaire, pour supporter les épreuves qu'il lui plaira de m'imposer...."
Et cet extrait de la belle lettre par laquelle elle confiera son enfant à sa soeur :
"Je vous prie, ma chère soeur, au nom de Dieu, de vous souvenir de moi dans vos saintes prières, de même que mon cher enfant, lequel je vous donne, que vous le regardiez comme votre cher enfant, pour le recommander à mes cher père et mère, qu'ils aient soin de son salut, afin de lui faire reconnaître que son cher père est mort pour la profession de l'Evangile. Je me fie que vous en aurez le soin de le tirer devers vous comme vous m'avez promis ; car je peux dire après Dieu qu'il m'était d'une grande consolation à mon entour, quoique jeune. J'espère que Dieu y pourvoira pour lui et moi, car il faut attendre tout d'en haut, puisque les hommes ne peuvent rien sans la divine Providence. Le Seigneur soit apaisé envers nous et envers sa chère Eglise!.....".
 
    
                                                                                                                                                                                                                                                                                



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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 10:00






 



                            Le Psaume de l'Assemblée

 

"La mélodie des Psaumes nous attire, disait un chef Camisard . Nous  volions, quand nous entendions le chant de ces divins cantiques ; nous sentions au-dedans de nous une ardeur qui nous animait, un désir qui nous transportait.  Cela ne se peut exprimer. Quelque grande que fut, quelquefois, notre lassitude, nous n'y pensions plus. Dès le moment que le chant des Psaumes frappait nos oreilles, nous devenions légers. C'est une des choses merveilleuses qu'il faut avoir éprouvées pour les connaître".

Et c'est précisément  cette ardeur, cette soif brûlante qu'exprimait admirablement le Psaume 42, que l'on a appelé le plus beau de nos Psaumes: 

                         Comme un cerf altéré brame 
                     Après le courant des eaux,
                     Ainsi soupire mon âme,        
                     Seigneur, après tes ruisseaux.    
                     Elle a soif du Dieu vivant,
                     Et s'écrie en le suivant :
                     Mon Dieu, Mon Dieu! quand sera-ce
                     Que mes yeux verront ta face?

Que la nuée des témoins inspire encore notre zèle, en nous souvenant
qu'ils osèrent braver les amendes, les cachots, les supplices, pour prier et chanter les Psaumes ensemble dans les "Assemblées", ces grandes pourvoyeuses des prisons et des galères!



       Une assemblée surprise dans les Cévennes (1687)

Le lieutenant de Viguier( officier de justice) de Saint-Germain-de-Calberte (Lozère) dresse le procès-verbal suivant:

"Du mardi 23 avril 1686. Ayant eu avis d'une assemblée aujourd'hui 22 de ce mois au fond de la rivière du Gardon en un lieu inaccessible où l'on ne peut aller qu'un à un parmi des rochers et des précipices.... nous nous attachâmes à découvrir cette assemblée et à faire la capture du ministre.
Avec dix-huit soldats ( d'une garnison voisine), nous sommes partis de Saint-Germain à 9 heures du soir. Ayant marché trois heures dans l'obscurité, approchant de l'assemblée, les soldats furent divisés en trois bandes. Et étant descendus par des rochers inaccessibles, nous, avec notre bande de neuf soldats, arrivés au pied de la montagne, nous découvrîmes diverses lampes à un endroit
nommé
Le Clauzelet, environné de rochers escarpés par le haut, et la rivière en bas, où nous aperçûmes plusieurs lampes , et petits feux, et entendîmes 
prêcher le ministre à grande voix.... A douze pas de l'assemblée seraient venus à nous
sept à huit hommes, criant:
Qui va là ?
En même temps le ministre cessa de prêcher. Nous donnâmes tous ensemble, et fut faite décharge par tous les soldats, nous étant mêlés avec les rebelles ; y ayant eu parmi les rebelles des morts, des blessés, et des noyés ; Ayant fait prisonniers néanmoins quatre hommes et dix femmes.... Ayant trouvé sur une petite roche une planche de bois avec deux serviettes, un plat plein de pain coupé en morceaux, du vin dans une bouteille de vin bouilli et une tasse, pour faire la Cène...".


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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 16:12


Nous avons dans le précédent volet sur les "Psaumes du Désert" dejà parlé du Psaume de l'humiliation (Ps.51): "Miséricorde et Grâce!", nous parlerons encore des Psaumes de la Persécution, de l'assemblée, des Martyrs  et des Batailles.

 

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                              Le Psaume de la Persécution                                                   
 

Si nous voulons nous en tenir à Anduze et aux Cévennes, la persécution date de l'an 1557, et des lettres  patentes, rédigées cette-année là, tout spécialement pour les "hérétiques des Cévennes" (dit leur titre). L'Eglise d'Anduze, comme beaucoup d'autres, était née à la lueur d'un bûcher, avait été baptisée par le sang d'un martyr. Un moine, nommé Claude Rosier, ayant osé, en plein carême, dénoncer les abus de la papauté, avait été obligé de s'enfuir; il s'était réfugié à Genève, avait écouté quelques leçons de Calvin, et était revenu, prêt au sacrifice suprême. A la date du 22 Août 1557, un registre notarié du temps, raconte:" Il fut pris et condamné à faire amende honorable, la langue coupée, et brûlé à petit feu, au devant de la fontaine, et mourut en martyr, soutenant toujours la religion".( L'eau de la fontaine coule toujours, là où elle coulait au 16ème Siècle).



Trois ans après, 20Juin 1560, L'Eglise était définitivement organisée,"à l'honneur de Dieu, augmentation de son Eglise, et utilité de nos prochains".Or cette année 1560, est la grande année pour toutes les Cévennes, comme pour Anduze. " Ce fut en ce temps, écrit *Théodore de Bèze , que ceux des montagnes des Cévennes reçurent avec une merveilleuse ardeur la Vérité de l'évangile, tellement que, quasi en un instant furent dressées plusieurs communautés".Et il cite Anduze, Mialet, Sauve, St-Jean du Gard, Aulas, St-Germain de Calberte, St-Etienne Vallée Française, Le Pont de Montvert, St-Privat, Gabriac, et autres. Et cette même année encore, 1560, au milieu des périls d'une persécution terrible, se réunit à une heure de Mialet, dans une grotte sous le hameau d'Aigladine" le premier synode (provincial) où quinze responsables organisèrent la grande mission qui allait parcourir les Cévennes, le Vivarais, le Bas-Languedoc et le Rouergue.  C'est au même moment (encore) que fut promulguée la Loi, sous laquelle les vrais disciples de Christ, en France, faut-il dire : Allaient vivre? ou, allaient mourir? - Pendant deux siècles. Et cette Loi était promulguée " honneur tragique" " contre les hérétiques des Cévennes", à propos de ce qui s'était passé à Anduze, en 1557. Ayant appris qu'un prétendu religieux avait tenu des" propos erronés et scandaleux contre la religion Catholique" et que 2 à 3000 personnes avaient écouté ces propos, Le Roi **henri II  se hâtait de mettre le nouveau culte hors la Loi. Il mobilisait " Le ban et l'arrière-ban de la sénéchaussée, gens de guerre tant de pied que de cheval". Il ordonnait de prendre les" rebelles vifs ou morts",et garantissait les auteurs de toutes ces barbaries contre toute réclamation, "punition ou amende", soit pour blessure, soit pour mort. Anduze fut appelée la " Genève du midi"; elle fut non seulement grande , mais "unique". Nous essayons de dire l'honneur des Cévennes, sans être infidèles, ni à la vérité de l'histoire, ni à l'esprit de l'Evangile.


Les fureurs se déchaînèrent, et cela dura deux siècles, grâce aux centaines d'ordonnances qui se succédèrent, obligées à se répéter, puisque tout avait été dit le premier jour.
C'est ainsi qu'en Septembre 1703, par exemple, arrivait un ordre de détruire 440 villages et 608 hameaux et d'emporter de là, au milieu de l'hiver, plus de 20.000 paysans. Comme il était un peu long de démolir tant de maisons  avec la pioche, on fit observer que cela irait plus vite avec le feu. La cour envoya l'autorisation, et ce fut " comme une tempête qui ne laisse rien à ravager, dans un champ fertile, ou dans une vigne féconde. Les maisons ramassées, les métairies écartées, les granges, les baraques, les cabanes, les chaumières, tombèrent sous l'action du feu comme les fleurs champêtres, les mauvaises herbes, et les racines sauvages tombent sous le tranchant de la charrue qui les coupe. Il faut renoncer à se faire une idée de la vie et de la mort affreuses des huguenots pendant des siècles. Dans les bois, dans les grottes, c'est maintenant une pauvre troupe qui erre, se cache, paysans, laboureurs, bergers, vieillards, femmes.... Les persécuteurs ne parlent que de vile populace, de canailles, et, de leur chef, ils disent:
"C'est un paysan du plus bas étage".


Bâville, son clergé, son roi, ne comprennent pas. La religion chrétienne revenait à ses origines du 16ème siècle, à ses cardeurs et fouleurs de laine de Meaux; elle revenait à ses origines du 1er siècle et, avec Saint-Paul, elle pouvait dire:" il n'y a pas beaucoup de puissants, ni de nobles parmi vous";mais elle pouvait aussi ajouter:" Dieu a choisi les choses méprisées et celles qui ne sont point, pour confondre celles qui sont". 
Le doux Brousson faisant monter à Dieu la prière générale des fidèles persécutés et massacrés pour le service de Dieu, disait: " Que pouvons-nous donc devenir, Seigneur, si tu n'as pitié de nous? Nous avons cherché les lieux les plus éloignés du commerce des hommes.... durant les ténèbres de la nuit, pour invoquer ton Saint nom. Mais nos ennemis nous y sont venus chercher pour nous massacrer. Ils ont répandu le sang innocent, ils ont dévoré les pauvres brebis..." 
Il est un Psaume que l'on peut désigner comme le Psaume de la persécution. C'est le Psaume 79:
" Les gens entrés sont dans ton héritage".

C'est le premier, qui retentit dans la première église où la persécution éclata, à Meaux, en 1546. Quatorze fidèles furent arrêtés dans une réunion. En les voyant passer, le peuple se mit à chanter: "Les gens entrés sont dans ton héritage", et le lendemain en allant au supplice, les 14 chantèrent le même Psaume.
En 1556, à Angers, Jean Rabec, auquel on venait de couper la langue, tout en crachant son sang, trouvait encore le moyen de balbbutier:" Les gens entrés sont dans ton hérirage".Ainsi des plaines du Nord, et des plaines du Centre, jusqu'aux montagnes des Cévennes, le Psaume douloureux fait entendre la plainte des persécutés:


                             Tes ennemis sont dans ton héritage                                                                                                                                 
                             Ton sacré temple a senti leur  outrage;
                             Jérusalem, Ô Seigneur! est détruite,
                             Et par leur rage en masures réduite
                             Ils ont donné les corps de tes serviteurs morts

Aux oiseaux pour curée,             
La chair de tes enfants     
Aux animaux des champs,
Pour être dévorée.
Ne nous rends pas confus
                                       Et ne te souviens plus                        
                                            De toutes nos offenses:                
                                            Dans cette extrémité, 
                                            Hâte par ta bonté 
                                            La fin de nos souffrances.

                                 
                   
                                     


Voici quelques récits authentiques de persécutions 

                                  
                                                       
                  Un enlèvement d'enfants (avant 1662)                    
 

Il y avait à Rouen un riche protestant nommé Louis Du Val, qui résolut de conduire ses enfants au collège (protestant) de Sedan. Il passa par Reims, et là un prêtre, ayant connu son projet,lui enleva secrètement ses deux enfants et les conduisit chez les Jésuites de Pont-à-Mousson.Le père intenta un procès à ce prêtre ravisseur et en vertu de l'article 18 de l'Edit de Nantes"défendant aux catholiques d'enlever les enfants protestants par force ou induction", le fit sévèrement condamner par le juge de Verdun. Le prêtre condamné en appela au parlement de Paris et le parlement condamna Louis Du Val aux dépens et ordonna que ses deux enfants seraient mis au Collège de Navarre (à Paris) pour y être élevés dans la religion catholique, que leur père leur fournirait pension, " et lui est interdit de les prendre ou faire reprendre, sous peine de trente mille livres d'amende".


                                  Les déportés du Midi (1687) 
 


Un officier français, des Cévennes, naviguant sur un vaisseau hollandais, raconte, le 17 Avril 1687, comment il a rencontré dans la Méditerranée un vaisseau de Marseille chargé de protestants qu'on déportait aux Antilles.
" Dès que nous avons été à bord du vaisseau français, le capitaine nous a fait apporter la collation, et un moment après nous avons vu paraître quelques Demoiselles à qui la mort était peinte sur le visage, lesquelles venaient en haut prendre l'air. Nous leur avons demandé par quelle aventure elles s'en allaient en Amérique. Elles ont répondu avec une contenance héroïque:" Parce que nous ne voulons pas adorer la Bête, ni nous prosterner devant des images.Voilà notre crime". (L'Officier reconnaît une de ses cousines, et demande au capitaine la permission de descendre l'échelle).


"Je ne fus pas plus tôt au bas que je vis 80 jeunes filles ou femmes couchées sur des matelas, accablées de maux. Ma bouche fut fermée et je n'eus pas le mot à dire.Elles me dirent les choses du monde les plus touchantes, et au lieu de les consoler elles me consolèrent, et (moi)ne pouvant parler, elles me dirent d'une commune voix:"Nous mettons le doigt sur nos lèvres et nous disons que toutes choses viennent de celui qui est le Roi des rois. C'est en celui-là que nous mettons notre espérance".


"D'un autre côté, on voyait cent pauvres malheureuses accablées de vieillesse et que les tourments des tyrans ont réduites aux abois. Nous en avons vu de toutes sortes, de tous
âges et de toutes qualités. Elles m'ont dit que lorsqu'elles partirent de Marseille elles étaient 250 personnes , hommes, femmes , filles et garçons, et qu'en quinze jours il en est mort dix-huit. Il n'y a qu'une demoiselle qui est du Poitou, toutes les autres  sont de Nimes ou de Montpellier ou aux environs...."



                  Blanche Gamond à l'hopital de Valence(1687)

Blanche Gamond, de St-Paul-trois-châteaux (Drôme) arrêtée en Dauphiné comme elle essayait de fuir du royaume, a été condamnée à être rasée et recluse à perpétuité. Elle raconte elle-même ses souffrances. Elle avait alors 21 ans. "La rapine (c'était d'Herapine dirigeant l'hôpital) vint transporté de furie et de rage, qui avait un doigt d'écume à la bouche. Il me dit: " Tu es encore là, gueuse ! Personne ne peut obtenir sur toi de quitter cette mauvaise religion!...Tu recevras les étrivières présentement, ensuite on te mettra dans un cachot où tu crèveras...". Il s'en alla à la cuisine et dit aux cuisinères: " Donnez les étrivières à cette huguenote, mais ne l'épargnez pas; et si vous l'épargnez vous serez mises à sa place".

" A l'instant on me fit lever et on me fit entrer à la cuisine. Et je vis six filles, qui chacune d'elles liait un paquet de verges d'osier de la grosseur qu'une main pouvait empoigner et de la longueur d'un aune. on me dit: " Déshabillez-vous"... J'étais nue depuis la ceinture en haut.On apporta une corde, de laquelle on m'attacha à une poutre. Et alors elles déchargèrent leur furie dessus moi et en me frappant l'on me disait: " Prie ton Dieu!" Ce fut à ce moment que je reçus la plus grande consolation que je puisse recevoir de ma vie, puisque j'eus l'honneur d'être fouettée pour le nom de Christ et de plus d'être comblée de ses grâces et de ses consolations..
On avait beau s'écrier:" Redoublons nos coups, elle ne les sent pas!" Et comment aurais-je pleuré puisque j'étais pamée au dedans de moi? Mais sur la fin, mes pieds ne purent plus me soutenir.... aussi j'étais pendue par mes bras. Alors on me détacha, pour me frapper mieux à leur aise. Elles achevèrent de me gâter les verges sur mon dos, tant que le sang me coulait des épaules.... En me vêtissant ma chemise elles me disaient: " Demain vous en aurez autant si vous ne changez pas". Je leur répondis: " Je sais que je changerai de la terre au ciel, mais pour de religion, jamais de la vie!"




                           Trois courageuses filles(1686)


Suzanne Coulès, de Metz, à la fin de 1685, fuyant en Allemagne, fut arrêtée à Hombourg, à l'entrée des forêts de Kaiserslautern, hors du royaume, par un officier d'une garnison française.
Elle fut ramenée à Metz et emprisonnée. Peu de mois après, avec une autre jeune fille de Metz, Marie Dubois (dont le père avait déjà pu fuir) et une autre jeune bourgeoise de Vitry-Le-François, Marie Jacobée, elles promirent de grandes récompenses à un roulier, qui voulut bien les mettre dans un tonneau emballé de toile, les trois ensemble." Il n'y avait, raconte Marie Dubois, qu'une petite ouverture par où nous pouvions respirer. Malgré l'incommodité d'une telle voiture, Dieu nous donna des forces pour rester trois jours et trois nuits dans ce pitoyable état. Il n' y avait plus que quelques lieues de chemin à faire pour être sauvées, quand le charretier entendant battre la générale par la garnison  de Hombourg s'effraya mal à propos. Il s'enfuit. Nous sortimes de ce misérable tonneau et nous allâmes nous jeter dans un bois".

Arrêtées par des paysans (à qui on promettait le butin qu'ils feraient sur les fugitifs) les trois filles furenr ramenées encore à Metz et condamnées à entrer dans une maison religieuse. Le roulier alla aux galères.


Marie Dubois, en Août 1687, réussit à s'évader du couvent, et déguisée tantôt en paysan, tantôt en valet, elle suivit un guide qui, par Charleville, la mena jusqu'à Liège.    


                                                      
*Ecrivain et réformateur. Après avoir abjuré le catholicisme en 1548, il embrassa le calvinisme et s'établit à Lausanne, où il fut professeur de grec à l'Académie. En 1558, il quitta Lausanne et s'installa à Genève où il retrouva un poste à l'Académie ; il devint alors le principal collaborateur de Calvin. En août 1561, il représenta les calvinistes lors du colloque œcuménique réuni à Poissy, sur les instances du chancelier Michel de L'Hospital, qui espérait parvenir à une entente entre catholiques romains et réformés ; de Bèze, en affirmant son refus tant de la Transsubstantiation (catholique) que de la consubstantiation (luthérienne), ruina les espérances du chancelier. Il ne rentra cependant pas immédiatement à Genève, et Catherine de Médicis, qui voulait encore croire à une entente possible, le retint quelque temps auprès d'elle, le consultant sur ses décisions de politique religieuse. En 1564, à la mort de Calvin, de Bèze lui succéda dans les charges qu'il occupait à Genève. En 1574, il publia Du droit des magistrats sur leurs sujets ; il y développe l'idée que le but de l'Etat est d'œuvrer au bonheur des sujets, et que, en matière religieuse, le pouvoir civil doit se mettre au service de l'Eglise et réprimer les hérésies.  

      


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**
Deuxième fils de François 1er et de Claude de France il est prisonnier en Espagne à l'age de 7ans pendant 3ans gage pour la libération de son père. En 1536 son frère aîné meurt il devient le Dauphin. En 1536 , il a 17ans , il doit épouser Catherine de Médicis alors qu'il aime une jeune veuve ( de 19 ans son aînée quand même) .En 1547 il succède à son père et poursuit sa politique contre Charles Quint  et l'Angleterre.En septembre 1558 Henri 2 pressé d'en finir avec cette guerre, poussé par les problèmes intérieurs causés par les protestants, accepte l'ouverture de négociations avec l'Espagne. Les négociations traînent en longueur mais à la cour de France le clan de la paix  (Montmorency, Diane de Poitiers) l'emporte sur celui de la guerre ( les Guises et la reine Catherine de Médicis). Les négociations finalement aboutissent auen 1559 dans lequel la France conserve les trois évêchés ( Metz, Toul et Verdun ) et Calais et renonce au Milanais. Ceci mettra fin définitivement aux guerres d'Italie. Le roi peut alors se consacrer à la lutte contre les protestants, il avait déjà promulgué l'édit de Chateaubriant en 1551, il  promulgue l'édit d'Ecouen en 1559 qui est plus répressif, il condamne de mort l'exercice du culte protestant. Il y aura 88 exécutions de protestant sous le règne d'Henri 2. Mais la réforme continue à s'étendre et pas seulement dans le petit peuple.
 

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 17:31

 

   Document sur les camisards faisant suite aux prophètes des Cévennes.

                                        


                                                                                                       
" Je vous ai écrit....... pour réveiller vos souvenirs" (Romains ch.15v15).
" Donne-nous encore des jours comme ceux d'autrefois" (Lamentations ch.5v21).

                                            


Je ne puis ( et du reste ce serait insuffisant) vous raconter toute l'histoire qui s'est déroulée depuis 1547, l'année où commencèrent les premiers mouvements du Réveil dans les Cévennes. J'ai pensé, qu'il valait mieux essayer de faire passer devant vous quelques-unes des scènes principales, décisives, de cette histoire; mais non pas comme au cinéma, dans des photographies plus ou moins truquées. Je vous apporte quelques récits, minutieusement
authentiques, parlant avec la voix même de ceux qui en furent les tragiques héros.
Les Camisards chantèrent des Psaumes, certains versets de certains Psaumes dans certaines circonstances. Tâchons de les entendre avec le même son, le même ton, plein de la même humiliation, de la même douleur, des mêmes désirs, de la même foi, du même enthousiasme héroïque.
Ces Psaumes ont été pénétrés de toute la foi et de toute la douleur de tous les huguenots de France, depuis les cardeurs et les fouleurs de laine de Meaux jusqu'aux pâtres et aux laboureurs des Cévennes. Ce n'est pas à quatre voix qu'ils avaient envie de chanter, quand ils s'agenouillaient pour crier : Miséricorde! Ce n'est pas à quatre voix qu'ils avaient envie de chanter, quand les soldats les traquaient. Ce n'est pas à quatre voix qu'ils avaient envie de chanter dans les tourments du bûcher ou de la roue. La vérité toute simple est que pour eux il y avait ici une question non pas musicale, mais religieuse. Les Psaumes n'étaient pas un ornement, un hors-d'oeuvre, mais le cri de leur coeur.


                                         A Dieu ma voix j'ai haussée
                                                   et ma clameur adressée,
                                                   A Dieu ma voix a monté,
                                                   Et mon Dieu m'a écouté.
                                                (Psaume 78) 


                                                   
                                                   
                          


                                                    
Le Psaume de l'humiliation
                         

Ce sera entrer, tout de suite, dans l'esprit des Assemblées d
u Désert, que de commencer par le Psaume 51,"Miséricorde et grâce!" Miséricorde! C'était le mot que prédicants et fidèles criaient ensemble à genoux, dans les lieux escarpés des montagnes, où ils se rassemblaient clandestinement, et les échos du voisinage retentissaient du cri : "Miséricorde!"
Vers la fin de 1685, beaucoup de huguenots avaient abjuré, pour la forme, sous la contrainte violente des dragonnades épouvantable. Obtenues par la force, ces conversions n'avaient, bien sûr, point de valeur. Du reste, il se produisit bientôt un réveil chez un grand nombre, sous l'influence des prédicants d'abord, des prophètes ensuite, dont le message appelait avec force le peuple à la repentance.
Voici, par exemple, une sorte de"testament moral" écrit par un avocat notable de Montauban, au moment où il va abjurer, après avoir subi pendant 26 jours la présence des dragons.
" Pressé par ce logement* qui est fort; intimidé par la menace d'être foulé extraordinairement.... Craignant, de plus, tout ce que peut faire craindre la fureur du soldat qui  dans la chaleur du pillage.... crie déjà hautement: A l'huguenot! A la potence!

Et plus que tout cela, épouvanté par les réflexions de mes amis qui me disent que ma présence m'attirera , après tous les autres maux, celui d'être privé de l'éducation de mes enfants.
Attiré enfin par les offres qu'on me fait de laisser mon très cher père achever le reste de ses jours en repos sans l'inquiéter pour la conscience. Moi, Pierre G., docteur et avocat,
habitant Montauban, âgé de 46 ans, succombe sous le poids de tant de maux et de tant de craintes, et après avoir versé un torrent de larmes je vais, avec une douleur inconcevable, passer une déclaration que j'abandonne la religion dans laquelle Dieu m'a fait naître, que j'ai professée avec un grand repos de conscience, et dans laquelle j'espérais de vivre et de mourir sous la foi des Edits de nos rois.... Je prie Dieu qu'il me pardonne une si grande faute par sa miséricorde infinie pour l'amour de son Fils notre Seigneur Jésus-Christ.
Je fais le présent écrit pour être un témoignage de la connaissance que j'ai de la faute que je vais faire, et de ma forte passion de me voir en liberté de me réunir ( à nouveau) aux
églises dont la violence me sépare." 

                Voici le témoignage d'un maître d'école à Mougon (Deux-Sèvres) 1681:

" Dès que ces satellites**connurent que je m'étais ôté de leur chemin, l'un deux  amena votre mère dans la chambre où étaient  les autres et leur dit qu'il fallait la faire chauffer. Ils la mirent aussitôt au coin de la cheminée et allumèrent un feu qui se faisait sentir dès la moitié de la chambre, quoi qu'elle fût très grande. Ils juraient et blasphémaient le nom de Dieu à leur ordinaire, disant qu'ils la feraient brûler si elle ne se voulait convertir. Cependant ils ne gagnèrent rien sur son esprit. Dieu la soutint par  sa bonté. Elle fut pourtant si affaiblie par cette grande chaleur.... qu'elle resta presque sans aucun sentiment ni connaissance".
Ce fut le vicaire de Mougon, ami de la famille, qui arracha la femme aux soldats, proposant de la prendre chez lui. Puis, des voisines catholiques l'enlevèrent et la cachèrent. Le lendemain matin toute la paroisse se trouva être changée de religion.

                      Miséricorde était le grand mot des inspirés des Cévennes.
   
 
"Dans la nuit du 5 au 6 Septembre 1701, raconte l'inspiré Roux, au milieu d'un orage affreux, toute une troupe d'enfants et de grandes personnes parcouraient les rues du village de Cruviers, avec ces cris de supplication: "Faisons pénitence! Repentons-nous! Pardonnnons-nous!" Rien de pareil ne s'était vu depuis ces multitudes qui suivaient le précurseur au bord du Jourdain, ou le Fils de l'homme au désert. Le prophète leur criait" Repentez-vous, faites pénitence d'avoir abjuré! O Seigneur, continuait-il, fait miséricorde à ces pauvres pécheurs!" Et tombant la  face contre terre le peuple répétait avec des sanglots:
" Seigneur, miséricorde! miséricorde!" 
C'est par un jour solennel de jeûne et d'humiliation, c'est par le chant du Psaume 51 que
s'est ouvert le Désert lui-même. Début digne de cette succession de merveilles! C'était une coutume générale des huguenots de célébrer, dans les grandes circonstances un jour de jeûne et d'humiliation, quelquefois aussi avant de rendre grâces à Dieu. le 7 Octobre 1579 à
Nimes, il y eut un culte à 8h du matin, un culte à 3h et un culte à 4h de l'après-midi. A Charenton, au premier de ces trois cultes, le 19 Avril 1658 on chanta le Ps. 38, le Ps.103, le Ps70, le Ps.74 et le Ps.79.       
                            
                                                    
Ainsi donc, malgré le déferlement d'une cruauté inouïe, le   Culte public reprenait secrètement. Ceux qui avaient échappé aux dragons vivaient dans les bois. Ces "fugitifs" prirent l'habitude de
célébrer entre eux un culte familier. Bientôt, parmi eux, quelques hommes furent choisis par leurs amis " pour prêcher et administrer les sacrements" (1686). Ils convoquèrent, la nuit, des assemblées" dans des granges isolées ou dans des lieux écartés, "au désert".Ils prêchèrent et donnèrent la Cène. Les autorités en Languedoc, les nommèrent des
"prédicants."Les lettres de Jurieu annonçaient à toute la France la reprise du culte, déclarant  légitime la vocation de ces conducteurs "extraordinaires." 


Il y avait alors à Toulouse, un jeune avocat, né à Nimes en 1647, âgé de
36 ans, Claude Brousson.***                         
                        
Saluons ici respectueusement ce Claude Brousson le plus grand prédicant, au commencement du Désert, comme les Antoine Court et les Paul Rabaud furent les plus grands à la fin. Claude Brousson était doux, d'une nature sensible et irénique, apostolique. Se trouvant dans les Cévennnes, caché dans une bergerie, quelques paysans vinrent le rejoindre, et lui demandèrent d'être leur pasteur lui qui n'était qu' avocat. Appelé par la détresse du peuple, sentant l'appel intérieur de Dieu, il accepta la vocation.
Il est prédicant, cela veut dire qu'il erre sans trêve, sans repos. Sa tête est mise à prix. Il est environné d'une armée de soldats, d'une armée d'espions. Il couche sur la paille, sur le fumier, sous des fagots, sous des arbres dans les fentes des rochers, tantôt brûlé par le soleil, tantôt gelé par le froid terrible de la montagne, sans oser faire du feu, de peur de se trahir. Souvent, il est torturé par la faim, par la soif. Mais dit-il, "ces misères lui étaient douces, lorsqu'il considérait qu'il souffrait pour la gloire de Dieu, et pour la consolation de son peuple." Il prêcha l'évangile de désert en désert. Il faisait souvent trois ou quatre assemblées par semaine, jusqu'à ce que le mauvais état de sa santé et de sa poitrine, qu'il ruina par ce travail continuel, le fit arrêter quelques mois. Dans les assemblées de communion, durant quatre heures ou quatre heures et demie, soit pour les prières, soit pour le chant des Psaumes, qu'il était souvent obligé de conduire et de soutenir, soit pour la prédication. Faut-il s'étonner si les pauvres paysans auxquels le prédicant donnait ainsi sa vie goutte à goutte, avant de donner d'un coup, tout ce qu'il lui en restait, sur l'échafaud, n'aient pas su lui témoigner leur reconnaissance autrement " qu'en se jetant à son cou, en le baisant et lui souhaitant mille bénédiction." 


Mais les prédicants étant traqués" comme des sangliers" beaucoup durent quitter la France. Brousson dut partir lui aussi, mais convaincu avec Jurieu**** que la divine délivrance approchait, il revint dans les Cévennes. La puissance de sa parole galvanisait ses auditoires; et sa piété, son intelligence, lui donnèrent un immense ascendant. Il formait ses compagnons à la prédication et aux fonctions pastorales. Hélas, la plupart de ces nouveaux "ministres" furent exécutés. Brousson dut quitter encore le Languedoc. Il revint en Suisse et alla en Hollande. Mais il ne put se faire à la vie paisible de la Hollande et repartit pour un voyage missionnaire en France où, jusqu'en 1689, il prêcha dans de multiples provinces, et notamment, encore, dans les Cévennes. Mais il finit par être arrêté en Béarn. Dans une lettre à sa femme, on peut lire:                    
"Il faut que je suive la vocation de Dieu et le mouvement de ma conscience et il faut que vous fassiez à Dieu le sacrifice de toutes les considérations de la chair et du sang, pour acquiescer à sa volonté."
Une foule immense, que contenait l'armée, avait envahi l'esplanade de Montpellier, où Brousson devait mourir sur la roue. On le vit s'avancer, précédé de 50 mousquetaires et de 20 tambours qui couvraient sa voix. Il chanta le Psaume: " jamais ne cesserai de magnifier le Seigneur." Il est mort en apôtre", a écrit un témoin, "il a affermi plus de gens par sa mort que par sa prédication."On fit circuler ses lettres et son fameux "sermon de la colombe":" Ma colombe, dit le Seigneur, qui te caches dans les fentes des rochers et les cavernes des montagnes, tu ressemble à l'Eglise, qui n'habite pas les palais des rois, ni les maisons magnifiques...mais les bergeries, les étables, les garrigues et le creux des torrents. La colombe est un oiseau doux et paisible...."

O prédicants, héros de la patience et de la douceur évangélique, on serait tenté de dire angélique! Vous nous plongez dans un abîme d'humiliation; nous vous admirons. Vous nous
couvrez de honte! Vous nous faites sentir tous les remords de notre lâcheté, et de notre indignité; nous vous aimons. Et c'est Brousson qui, dans les cultes solennels de jeûne, demandait aux fidèles de se mettre à genoux pour chanter les Psaumes, et, en particulier, le
Psaume 51:


                             
Miséricorde et grâce, Ô Dieu des Cieux!
                                     Un grand pécheur implore ta clémence.
                                     Use en ce jour de ta douceur immense,
                                     Pour abolir mes crimes odieux.
                                     O Seigneur! lave et relave avec soin,
                                     De mon péché la tache si profonde,
                                     Et fais-moi grâce  en ce présent besoin;
                                     Sur ta bonté, tout mon esprit se fonde.


                         ( Sources diverses sélectionnées).



                                               A SUIVRE.


INTENDANCE MILIT. Action de loger des troupes chez l'habitant. Billet de logement. Ordre de Réquisition imposant de loger un militaire.

** 
  1. Vieilli. Homme attaché au service d'un autre qu'il escorte et auquel il sert de garde du corps. Sylla, alors consul, voulait pour lui-même la conduite de la guerre d'Asie. Sulpicius et ses satellites l'enfermèrent dans la maison de Marius et lui firent jurer de se désister (Michelet, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 175).
2. P. ext., péj. Homme entièrement dévoué aux ordres d'un autre. Nasuf (...) en entrant chez moi la première fois, (...) avoit, de concert avec le calife, fait cacher autour de ma maison une troupe de satellites armés, qui devoient paroître à un signal convenu (Genlis, Chev. Cygne, t. 2, 1795, p. 272). 

***
Le 31 décembre 1692, Brousson s'adresse encore au Roi Louis XIV : « Dieu nous a ordonné de nous rassembler au nom de son fils, et cependant Votre majesté nous le défend. Dieu le veut et Votre Majesté ne le veut point. À qui devons-nous obéir ? Que Votre Majesté, s'il lui plaît, le juge elle-même ».

****
Né à Mer sur la Loire, dans une famille de pasteurs. Sa mère est la fille de Pierre Du Moulin, premier pasteur du temple de Charenton (1568-1658).Il fait des études de théologie à Saumur puis à Sedan où il obtient son doctorat. En 1674, il est nommé professeur de théologie et d'hébreu à l'académie de Sedan. Mais en 1681, l'académie réformée de Sedan doit fermer sur ordre de Louis XIV et Pierre Jurieu se réfugie à Rotterdam où il va être pasteur de l'Église wallonne (Église protestante de langue française aux Pays-Bas) et professeur à l' École Illustre.C'est là qu'il meurt en 1713.


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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 19:17







                                              Des Saints et des Martyrs


Par l'Edit de Nantes de 1598, Henry IV avait accordé aux protestants de France la liberté de
conscience et de culte. Mais, en 1685, Louis XIV révoqua cet édit qui, du reste, depuis fort longtemps déjà, avait été violé dans son esprit et dans sa lettre. D'inhumaines persécutions rendirent tragique la situation des protestants de France. Tous les pasteurs  furent exilés, tandis que les huguenots furent contraints de rester et d'abjurer. Les"opiniâtres"(comme on
les appelait) furent envoyés aux galères, les femmes en prison. Les enfants furent enlevés à leur parents pour être instruits dans des couvents. Les dragons s'établirent à demeure dans les maisons, avec liberté de piller, de saccager, de vivre licencieusement, d'user des tortures les plus odieuses pour forcer les huguenots à abjurer. Beaucoup voulurent fuir tant de rigueur. Cinq ou six cent mille y réussirent, tandis que des milliers d'autres moururent de privations en chemin, de froid, ou sous les balles. Beaucoup aussi furent arrêtés, parmi lesquels des nobles, des magistrats, des officiers, qu'on envoya ramer sur les galères royales, enchaînés avec des assassins!




                                         
Le Réveil Des Cévennes


C'est alors que Dieu envoya un puissant Réveil dans les CEVENNES. Le peuple persécuté, mais assoiffé de Dieu, se réunit dans les montagnes, sous la conduite des "prédicants"et
des prophètes que Dieu suscita par milliers.
"Je partis de Londres en Juin 1703, nous dit David Flottard, pour faire un voyage dans les CEVENNES. J'y vis le chef ROLAND et plusieurs de sa troupe, dans l'inspiration. C'était par ces inspirations que toutes leurs affaires se réglaient et se gouvernaient. J'ai été témoin de cela, et les chefs n'avaient le commandement qu'à cause de l'excellence de ce même don qui était en eux. Je crois qu'il y avait bien près de la moitié de leurs soldats qui étaient inspirés.
"Les uns avaient le don de la prière et de l'exhortation, d'autres semblaient prédire particulièrement la destinée de l'Eglise et de ses ennemis. Quelques-uns avaient de fréquents avertissements particuliers touchant leur propre conduite, et sur ce qui concernait la guerre; D'autres encore avaient été rendus participants de plusieurs de ces grâces et même de toutes ensemble.
"J'ai remarqué chez eux tous un grand zèle pour la gloire de Dieu et une parfaite résignation à sa volonté, soit dans la vie soit dans la mort. Tout leur exercice ou tout leur plaisir, dans le Désert, consistait en prières et en chant de psaumes." 
A vrai dire, c'était là, dans sa plénitude, le baptême du Saint-Esprit et de feu promis dans l'Ecriture, et dont notre génération a tant besoin!-Comment l'exemple de ces saints ne force-il-pas à la décision le plus réticent d'entre nous?
Si le baptême du Saint-Esprit a provoqué chez nos camisards tant de ferveur, accompagnée de manifestations si extraordinaires qui étonnaient ceux qui les combattaient, comment pouvons-nous refuser plus longtemps la promesse d'une bénédiction aussi remarquable, qui nous est faite dans l'Ecriture? (Actes ch.1 et 2).

Cévenols! le Dieu de nos pères 
N'est-il pas notre Dieu toujours?
Servons-le dans les jours prospères,
Comme ils firent au mauvais  jours; 
Et, vaillants comme ils surent l'être,
Nourris comme eux du pain des forts,
Donnons notre vie à ce Maître,
Pour lequel nos aïeux sont morts!

Esprit qui les fit vivre,
Anime leurs enfants,
Pour qu'ils sachent les suivre!
(Extrait de la" Cévenole ").

Nous pourrions mettre à la place de "Cévenols" : "
Eglise de Dieu", le Dieu de tes pères n'est-il pas "ton" Dieu toujours?..... 



                                             
Entière Consécration


"Tous les historiens sont d'accord, a dit S. Delattre, pour reconnaître que les prophètes étaient des hommes sanctifiés. Ils ont montré une fidélité si inébranlable à l'Evangile, une foi si patiente au sein des pires persécutions qu'ils nous inspirent un saint respect. Et il y a des expériences spirituelles que nous ferions, si nous avions la foi qui transporte les montagnes."

Jean Cabanel, D'Anduze, a vécu parmi les inspirés; et lui aussi est affirmatif:
"Je puis assurer avec certitude, comme une chose qui m'est particulièrement connue, que les personnes qui avaient reçu les grâces, quittaient incontinent* toute sorte de libertinage et de vanité. Quelques-uns qui avaient été débauchés devinrent sages et pieux; et tous ceux qui les fréquentaient devenaient aussi plus honnêtes et menaient une vie exemplaire." 
MLLe Sybille De Brozet, du Vigan, est aussi formelle à ce sujet:" Melles de Vallemont
et
de Bagard
, mes amies qui étaient des filles assez du monde, changèrent entièrement leur manière de vivre aussitôt qu'elles eurent reçu des inspirations. Elles évitèrent leurs compagnie ordinaire , ne portèrent que des habits extrêmement modestes, et leur exercice continuel était la prière, la lecture des livres de piété et la fréquentation des personnes qui leur ressemblaient."


Conversion de Jean Cavalier, de Sauve (Janvier 1707)

"J'étais un garçon de quinze ans, que la dévotion n'occupait pas beaucoup; mais je consentis  volontiers à la proposition qu'on me fit, quand je pensai que je verrai peut-être là quelques-uns de ces inspirés dont on disait des choses si étranges. Je ne fus pas aussitôt entré dans la grange où tout ce monde était, que j'aperçus un petit garçon qui disait entre autres choses qu'il y avait des personnes dans la compagnie qui n'y étaient venues que par curiosité, et avec un esprit moqueur; et que si ces personnes-là ne se repentaient pas, Dieu permettrait qu'elles soient reconnues et rendues honteuses. Il ajouta quelques choses de même nature; et fit si bien mon portrait, que quand il aurait pénétré dans mon coeur, il n'aurait pas mieux représenté les dispositions où j'étais: ce qui me frappa terriblement..... Mais ce fut bien pis lorsque comme toute ma pensée et tout mon désir ne tendaient qu'à sortir de là, je vis un autre fort  jeune garçon, directement sur mon passage, et qui dit à haute voix qu'il y avait une personne mal intentionnée qui voulait sortir, et qu'il fallait mettre des gens vers la porte, pour l'en empêcher, de peur qu'il n'allât découvrir l'assemblée. Alors, il arriva une chose particulière que je suis obligé de dire ici. Le second prophète continuait à parler, et dit tout à coup en changeant de ton, qu'il y avait plusieurs fidèles qui erraient, près de là, dans les champs ou les bois, cherchant l'assemblée; et que pour les faire venir, il fallait que quelques-uns sortissent, et entonnassent un psaume.Une troupe sortit et se mit à chanter.

Nous verrons, disais-je, s'il sait effectivement deviner, ou si ce qu'il a dit de moi n'était que par hasard. Comme je m'entretenais ainsi tout seul, voilà les gens qui rentrent avec un assez bon nombre de ceux que le chant des psaumes avait attirés. Cela me toucha beaucoup, et me fit faire en moins d'un quart d'heure, plus de réflexions qu'un garçon de mon âge n'en a fait, pour l'ordinaire dans toute sa vie!" 

"Mais voilà qu'un troisième garçon se leva, plein de l'Esprit. Il parla deux grandes heures avec une facilité merveilleuse, et il dit des choses si pathétiques et et si excellente , que tout le monde fondait en larmes, et moi avec les autres . Personne ne dormait, j'en suis sûr; les paroles que ce petit serviteur de Dieu prononçait n'étaient pas endormantes: on n'en perdait
pas une, car elles étaient toutes du sujet, et toutes proportionnées à la capacité du bon et simple peuple qui les écoutait quoiqu'elles fussent toutes sublimes et divines. Les deux  heures passèrent comme deux moments. Et qui est l'enfant qui pourrait dire des choses semblables? Tout le monde assurait que ce petit garçon ne savait pas lire. Mais quand il aurait su lire, en vérité, il n'était point capable par lui-même, de composer un pareil discours , ni de le réciter, ni même d'avoir la hardiesse de parler en public, et en français.
**

"
Dès après que la prédication fut finie, je sentis comme un coup de marteau qui frappa fortement ma poitrine: et il me sembla que ce coup excita un feu, qui se saisit de moi, et
qui coula par toutes mes veines. J'étais alors tout occupé du sentiment que j'eus de mes péchés. Les fautes de libertinages auxquelles j'étais le plus sujet, me parurent des crimes
énormes, et me mirent dans cet état que je ne saurais décrire. On fut bientôt convaincu
dans la famille, par l'état plus extraordinaire que jamais, où on me vit alors, et même par le prodige d'un jeûne de trois jours, après lequel je n'eus ni faim, ni soif, qu'il fallait que des
choses semblables vinssent de la souveraine Puissance. Et comme les paroles que je prononçais étaient toutes bonnes
et saintes, on n'avait n'avait garde de s'imaginer qu'elles pussent venir d'une source impure."



                                          Salutaires inspirations


Il est fréquemment arrivé que Dieu s'est servi de prophètes pour révéler à des frères et à des soeurs les dangers qu'ils couraient. Le pieux Abraham Mazel cite le cas suivant:

"Un certain homme, dit-il
, qui avait été autrefois de ceux qu'on appelait ancien, dans
quelqu'une de nos église, fut suborné *** pour trahir le frère
Salomon Couderc, et le faire tomber dans une embuscade avec la troupe qu'il commandait. Cet ancien, donc, s'enrôla parmi nous avec Salomon, faisant valoir le talent qu'il avait de chanter les psaumes. Salomon le prit en amitié et les choses s'acheminaient bien pour le traître,parce que la troupe s'approchait insensiblement d'Alais,
par l'adresse de ses persuasions.
Dans ces entrefaites, comme j'étais à 5 ou 6 lieux **** de là, je fus averti par inspiration que le frère Salomon était obsédé par un flatteur qui lui tendait des pièges; et l'Esprit m'ordonna de partir incessamment pour aller moi-même en donner avis au dit Salomon. Je partis sur le champ, et dès que je fus arrivé, l'Esprit me saisissant de nouveau en présence du traître, me fit déclarer le complot qu'il avait fait avec le Gouverneur
d'Alais.
Ce malheureux, confus et tremblant, confessa la vérité de tout ce qui m'avait été révélé." 

Nous rappellerons, pour terminer, le témoignage d'Elie Marion, l'un des chefs, sur l'utilité

des Inspirations

"Nos inspirations nous ont fait délivrer plusieurs prisonniers de nos frères, reconnaître et convaincre des traîtres, éviter des embûches, découvrir des complots.....
"Elles ont banni la tristesse de nos coeurs au milieu des plus grands périls, aussi bien que dans les déserts et les trous des rochers, quand le froid et la faim nous pressaient ou nous menaçaient."Nos plus pesantes croix ne nous étaient que des fardeaux légers, à cause de cette intime communication que Dieu nous permettait d'avoir avec lui, laquelle nous soulageait, nous consolait et était notre sûreté et notre bonheur."




En conclusion (écrit C. Glardon),"
nous devons réaliser que les prophètes des cévennes crient  à la Chrétienté que le Seigneur est le même, hier, aujourd'hui et éternellement et qu'il répand de son Esprit sur toute chair.
Les prophètes des Cévennes sont nés dans le souffle de retour à la Parole de Dieu qu'inaugure la réformation-Ce souffle qui a amené l'Eglise à redécouvrir progressivement certaines vérités perdues ou négligées de la Bible:

Justification par la foi, baptême du Saint-Esprit, dons spirituels.

Loué soit Dieu pour les prophètes cévenols et pour tous les témoins fidèles qui nous
ont transmis Sa Lumière!" 










* "A l'instant".  ** Le français, en Cévennes, et dans l'ensemble des terres d'oc, était une langue étrangère parlée par une minorité aristocratique et bourgeoise. Mais la Bible étant traduite en français -et non en occitan- les religionnaires étaient les seuls Languedociens du peuple à posséder des éléments parfois assez complets de langue française. ***"Soudoyé".
****
Approximativement, 24kms.


 

                                             

                                             

 

 

 

 

 

 

 

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