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  • : SIGNES ET PROMESSES
  •           SIGNES ET PROMESSES
  • : Ce Blog a pour but au travers de son contenu, d'édifier l'église de Jésus-Christ, de faire connaître à nos contemporains l'amour de Dieu manifesté en Jésus son fils bien aimé.Les messages qui seront diffusés veulent être en bénédictions à tous les milieux, en rappelant qu'aujourd'hui, Dieu veut encore faire éclater parmi ceux qui ont soif, les signes de sa Puissance, et accomplir ses Glorieuses Promesses. Aquilas
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reftagger

 

13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 16:12

      Source :  La Vie   http://www.lavie.fr/

 

            

Bushra Awad et Robi Damelin, deux mères Palestinienne et Israëlienne qui ont perdu un enfant. Elles sont membres du Cercle des parents-Forum des familles © Dan Perez

La mort de quatre adolescents a enclenché un cycle de violentes représailles en Israël. Pourtant, au-delà de la vengeance, des familles arabes et juives fraternisent. Yishaï Fraenken, l’oncle de Naftali,16 ans, l’un des trois jeunes Israéliens kidnappés en Cisjordanie dont les corps ont été trouvés le 30 juin, ne s’est pas posé de questions lorsque Nir Barkat, le maire de Jérusalem venu présenter ses condoléances à la famille, lui a tendu son téléphone. Au bout du fil, il y avait Hussein, le père de Mohamed Abou Khdeir, 16 ans lui aussi, Palestinien de Jérusalem-Est tué quelques jours après, sans doute victime d’une vengeance aveugle. «Le maire m’a demandé si je voulais lui parler, raconte, à La Vie, ce directeur général d’Intel à Jérusalem. J’ai dit “bien sûr”. Nous étions tous choqués par ce qui est arrivé à son fils. Un meurtre est un meurtre.» Le coup de fil a duré quelques minutes, en hébreu, langue que Hussein Abou Khdeir a appris à l’école. «J’ai présenté nos condoléances et, lui, les siennes. Je ne pense pas qu’il ait été surpris par cette conversation. Vous savez, ce sont des mots tout simples que s’échangent les êtres humains dans ces circonstances. Le fait d’avoir perdu Naftali dans ces conditions fait que nous nous identifions à cette famille. Nous savons ce qu’elle ressent aujourd’hui.» Une histoire qui paraît presque irréelle tant les deux camps sont aujourd’hui à couteaux tirés. Depuis la mort des adolescents, des violences intercommunautaires se succèdent. Des émeutes ont embrasé les rues de Jérusalem et de Cisjordanie, le week-end dernier, faisant craindre une troisième intifada. Une vidéo montrant le cousin de Mohamed Abou Khdeir, Tarik, se faire battre violemment par des policiers israéliens enflamme les réseaux sociaux qui débordent d’appel à la vengeance des deux côtés. À l’heure où nous bouclons, mardi 8 juillet, l’État hébreu s’est dit prêt à «faire payer le prix fort» au Hamas et a lancé une opération aérienne sur la Bande de Gaza. Pourtant, à l’image de ce coup de fil entre parents éplorés, une association, le Cercle des parents-Forum des familles agit en coulisse pour rassembler ceux que l’on pense irréconciliables : les proches des victimes des deux camps. Tout a commencé en 1994, lorsqu’un jeune soldat israélien, Arik Frankenthal est assassiné par un groupe du Hamas. Son père, Yitzhak, un businessman, ulcéré de voir sa peine instrumentalisée par l’extrême droite qui veut torpiller le processus de paix, décide d’agir. Il contacte des familles touchées par des attaques palestiniennes et fonde avec elles le Cercle des parents-Forum des familles. En 1998, une première rencontre avec des familles palestiniennes de Gaza, endeuillées elles-aussi, est organisée. Puis deux ans plus tard, des liens se créent avec des familles de Cisjordanie. Aujourd’hui, l’association qui compte 600 foyers en Israël, dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, se mobilise pour que la folie des représailles cesse. Des membres palestiniens et israéliens sont allés visiter les familles des quatre adolescents. Une "Lettre aux mères éplorées" va être publiée dans la presse israélienne (lire un extrait ici). Dans les jours qui viennent, un groupe mixte – Israéliens et Palestiniens d’Israël – iront visiter la plupart des familles de l’association. «Les premiers échos de nos membres sont unanimes : tous parlent d’une même voix et appellent au calme», témoigne Robi Damelin, la porte-parole de l’association dont le fils, David, a été tué en 2002, alors qu’il patrouillait, par un sniper en Cisjordanie. Difficile de dire si ce rejet de la vengeance, cette idée qu’un dialogue est possible, progresse au sein des deux camps. L’actualité semble prouver tragiquement le contraire. Pourtant, affirme Robi Damelin, «les quelques mots échangés entre Yishaï Fraenken et Hussein Abou Khdeir en sont un peu la preuve. Ils représentent une goutte de bon sens dans un océan de folie… et ils ont le mérite d’exister.». Il y a aussi le travail de fourmi de l’association qui multiplie les rencontres ,notamment avec des étudiants. Au total, 25 000 personnes ont déjà assisté à ces réunions qui comprennent parfois des jeux de rôles : chacun essayant de se mettre à la place de l’autre pour provoquer l’empathie. Curieusement, c’est à partir d’un deuil partagé que le dialogue peut se nouer. «Lorsque je me suis rendue à un premier séminaire de l’association, rassemblant des familles israéliennes et palestiniennes, je n’étais pas du tout sûre de moi, raconte ainsi Robi Damelin. Je n’ai pas été tout de suite convaincue par la démarche. Cela m’a pris du temps aussi pour me départir de mes préjugés, pour comprendre les Palestiniens présents. Mon fils, David, était quelqu’un de bien plus tolérant que moi. La douleur de sa perte a créé comme un vide en moi qui m’a rendue moins égocentrique, qui m’a portée à voir d’abord ce qui pouvait être le mieux pour tout le monde.» L’Israélien Doubi Schwartz et le Palestinien Mazen Faraj, tout deux co-directeurs de l’association mettent ainsi des mots sur ce cheminement intime dans une tribune publiée dans Libération, le 31 mars : «Il s’agit d’un processus qui permet à chacune des parties de reconnaître la douleur de l’autre, d’en admettre une certaine responsabilité ; d’une nouvelle manière de regarder le conflit qui ne se contente pas de concepts simplistes d’agresseur et de victime, mais qui se caractérise par une plus grande complexité où chaque partie reconnaît dans une certaine mesure être responsable de la situation. C’est cette sensation commune de vulnérabilité que l’association cherche à découvrir dans l’espoir qu’elle permettra l’empathie, le changement, et la conviction que la fin du conflit est indispensable et possible.» Si ceux qui ont payé le prix fort, la perte d’un être aimé, sont capables de parler avec les éplorés du camp d’en face, sans chercher à se venger, tout semble encore envisageable… Ainsi, le Cercle des parents-Forum des familles se rendra prochainement à Sdérot, pour soutenir les membres de l’association qui subissent les tirs de roquettes venant de la Bande de Gaza. «Ensemble, nous téléphonerons aux familles endeuillées de Gaza.» Juste un coup de fil. Quelques mots échangés entre êtres humains.

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